AG BRUXELLES · 1 · 13/09/19

Compte rendu de la 1ière assemblée générale de La santé en lutte Bruxelles, 13 septembre 2019

Ce 13 septembre a eu lieu notre première grande assemblée générale. Nous étions une centaine réunis pour spécifier nos revendications, établir un plan d’action et détailler notre organisation interne.
Mais en premier lieu nous avons pris le temps d’échanger autour de nos difficultés au travail ou simplement dans les soins de santé. Suite au témoignage d’Emilie, infirmière à Brugmann, Malika, médecin à Saint Pierre, et Anne-France, patiente, nous avons fait un tour de salle riche en témoignage. Ce qui se dégage assez rapidement est que la situation des soins de santé est aussi problématique pour les soignant·e·s que pour le personnel ouvrier ou pour encore les patient·e·s. Nous sommes face à un système qui ne remplit plus sa mission, celle d’offrir des soins de qualité pour toutes et pour tous. Un système qui ne traite plus bien ces travailleur·euse·s, les épuises, les pousses à bout, les empêche de faire correctement et humainement leur métier.

1 – Revendications

Suite à ce tour de salle nous avons pu nous atteler à l’établissement de nos revendications, celles-ci pouvant être détaillées ou encore améliorées lors de nos prochaines assemblées générales. Nous voulons donc :

  1. Un refinancement des soins de santé[1] avec une transparence sur l’utilisation du budget.
  2. L’engagement de plus de personnel pour assurer des soins de qualité à toutes et tous.
  3. Une revalorisation salariale de tous les métiers de la santé[2].
  4. Un arrêt de la précarité des emplois.
  5. Une amélioration de nos conditions de travail : sortir de la logique d’actes à la chaine et revenir à une prise en charge humaine des patient·e·s dans leur globalité.
  6. Une véritable politique d’attractivité pour les métiers de la santé.
  7. Être associé, patient et personnel de la santé, à toutes les grandes décisions concernant le secteur.
  8. Une réduction collective du temps de travail sans perte de salaire et avec embauches compensatoires.
  9. Une révision des normes d’encadrement[3].
  10. Une véritable politique de bien-être au travail et un arrêt du management inhumain et autoritaire qui traite le personnel et les patient·e·s comme des chiffres et des statistiques.
  11. Des mesures pour lutter contre les différents types de harcèlements et de discriminations[4].
  12. Une diminution de l’âge de la pension.
  13. Un accès à des soins de santé dignes et humains pour toutes et tous, indépendamment de nos origines sociales et/ou culturelles.
  14. Un développement de la prise en charge et des soins de première ligne via le système des maisons médicales.
  15. Un arrêt de l’hyperflexibilité[5] forcée.
  16. Une prise en considération du temps de change.
  17. Une véritable protection de la maternité.
  18. Un arrêt de la dynamique de marchandisation des soins.
  19. Un arrêt du recours au privé via l’externalisation des services.
  20. Une amélioration de l’accès aux études de soignant·e·s, ainsi qu’un arrêt de l’utilisation des stagiaires comme main d’œuvre gratuite pour les institutions.


Il a été également décidé de converger tant que possible avec les autres mouvements sociaux.

2 – Plan d’action

Nous avons ensuite établi un plan d’action afin de faire pression sur le fédéral ainsi que sur le patronat :

  1. La pétition
    Continuer à diffuser la pétition en ligne : https://www.change.org/p/futur-gouvernement-f%C3%A9d%C3%A9ral-belge-des-soins-de-qualit%C3%A9-pour-tous-kwaliteitsvolle-zorg-voor-iedereen-lasanteenlutte?recruiter=false&utm_source=share_petition&utm_medium=facebook&utm_campaign=psf_combo_share_initial&utm_term=share_petition&recruited_by_id=87f93d40-ccc6-11e9-8820-4dc326874644&share_bandit_exp=initial-17573341-fr-FR&share_bandit_var=v0&utm_content=fht-17573341-fr-fr%3Av2&fbclid=IwAR29pKO6i4IRtztGfnMqgdAkr5TFbGMXZD-72f_qjVBLmAg6pLFJ92rv5k0

    Celle-ci permet d’appuyer nos revendications et faire connaître largement notre mouvement

  2. Se déclarer en lutte
    Nous invitons tous le personnel de la santé à se « déclarer en lutte ». Via un google form que nous diffuserons prochainement chacun·e pourra inscrire son unité ou son service afin de lister toutes les institutions en lutte sur la Belgique.

  3. Poursuivre les actions des mardi des blouses blanches
    Nous continuons et invitons tout le secteur à participer aux mardis des blouses blanches.
    Cette campagne vise à faire des actions de contestation (rassemblements, débrayages, etc) tous les mardis. Envoyez-nous vos photos et vidéos, ainsi que vos témoignages sur la page facebook La santé en lutte ou sur lasanteenlutte@gmail.com

  4. Participer à la manifestation du non marchand le 24 octobre
    Le 24 octobre le secteur privé appel à manifester pour l’application des accords du non marchand. Nous participerons à cette manifestation.

  5. Organiser un rassemblement devant le cabinet du ministère de la santé
    Il faut envoyer un message fort au futur gouvernement et maintenir la pression sur le gouvernement actuel, même s’il est en affaire courante. La question du refinancement de la santé doit être au cœur des politiques du fédéral d’aujourd’hui et de demain.

  6. Organiser une grande journée d’action et de grève pour le refinancement des soins de santé.
    Ceci en concertation avec les organisations signataires ainsi qu’avec les syndicats.

  7. Organiser un meeting et une soirée de soutien le 25 octobre
    Un meeting suivi d’un concert sera organisé le 25 octobre à partir de 18h à Etterbeek, rue du doyen n°6.

  8. Continuer à dénoncer nos conditions de travail et de soins
    Organiser des actions directes pour dénoncer nos conditions et faire pression sur le patronat et le fédéral.
     

3 – Organisation interne

Il a été décidé de fonctionner en assemblée générale, sur un rythme d’une assemblée tous les 2 mois pour l’instant. Cette assemblée générale est le cœur démocratique du mouvement. C’est là que sont prises les grandes décisions, à la majorité simple, une personne représentant une voix.

Par ailleurs, une coordination est formée de volontaires pouvant/voulant s’impliquer plus avant dans l’organisation et le suivi des décisions prises par l’AG. Cette coordination se réuni toutes les deux semaines pour gérer et organiser le suivi médiatique, organisationnel et pratique du mouvement.

4 – Rappel des canaux de communication

Rappelons les différents moyens d’échanger :

– Pour toutes demandes officielles nous avons l’adresse email lasanteenlutte@gmail.com

– La page facebook La santé en lutte sert de canal de communication large

– Le groupe facebook La santé en lutte sert de lieu d’échange

– Le fil info whatsapp sert de canal d’information direct et à sens unique pour toutes les informations importantes.

La coordination peut à tout moment être interpelée via l’adresse email lasanteenlutte@gmail.com

5 – Motion de soutien aux collègues en lutte en France

Nous avons ensuite adopté une motion de soutien aux collègues en lutte en France, la voici :

« Les paramédicaux des Services d’Accueil des Urgences de toute la France sont entrés en grève depuis plusieurs mois pour dénoncer la situation des Urgences en France.

A Paris, en avril 2019 – Les urgences de l’hôpital Lariboisière, Pitié Salpêtrière, Saint-Louis, Cochin, Hôtel-Dieu, Ambroise Paré, HEGP, Louis Mourier, Kremlin- Bicêtre, Robert Debré, Mondor, Necker, Bichat, Trousseau, Antoine-Béclère et Tenon sont entrés grève et se sont joint au mouvement des Urgences de Saint- Antoine débutée le 18 Mars 2019. Un collectif de paramédicaux est alors créé et fédère peu à peu les services d’Urgences avec le soutien des syndicats majoritaires.

En septembre, 5 mois après, ce sont plus de 240 services qui sont désormais mobilisés et en grève sur l’ensemble du territoire français. Il y a quelques jours, L’Association des médecins urgentistes de France (Amuf) et l’intersyndicale de praticiens hospitaliers APH ont décidé de se rallier au mouvement mené aux urgences, réclamant comme eux « réouvertures de lits», embauches et revalorisations salariales.

Ce mouvement d’ensemble vise à débattre de la situation des Urgences et des hôpitaux en France et à tirer la sonnette d’alarme sur les conditions de travail, le

manque de reconnaissance et la destruction, à petit feu, du service de santé public.

Le développement des Urgences atteint en effet ses limites, avec une activité arrivée à saturation pour l’ensemble des services et une difficulté toujours plus grande à trouver des places d’hospitalisations en aval. Les dysfonctionnements du système, par exemple l’offre de soins sur le territoire ou les politiques sociales, amplifient ces difficultés. La majoration des situations d’isolement et de précarité renforce le recours aux Urgences avec des patients chronophages dont le système de tarification actuel ne valorise ni le temps passé auprès d’eux ni la difficulté à les orienter vers des structures adaptées.

En raison des difficultés de ce travail, le turn-over est fort et le recrutement devient de plus en plus complexe. Les professionnels de la santé font alors face d’un côté à un travail qui nécessite une montée en compétences et de l’autre à un appauvrissement des candidatures. C’est pourquoi le collectif revendique plus de personnel et une revalorisation de leurs métiers.

Les collègues belges du secteur de la santé réunis ce vendredi 13 septembre à Bruxelles pour leur première grande assemblée générale de « La santé en lutte » déclarent donc :

  • –  Leur solidarité avec leurs collègues en France qui luttent pour des conditions de travail dignes et de soins de qualité pour toutes et tous.
  • –  Leur engagement à faire le maximum pour être aux côtés de leurs collègues français dans les mois à venir pour soutenir leur mobilisation. Soignant-e-s en souffrance, en Belgique comme en France, lutte et solidarité ! »


6 – Agenda

Dans un premier temps nous avons :

– Les mardis des blouses blanches
– La manifestions du non marchand du 24 octobre
– La soirée meeting + concert du 25 octobre
– La prochaine assemblée générale le 8 novembre rue de Danemark 70b, 1060 Saint Gilles.

La coordination fera suivre les prochaines dates

PROCHAINE ASSEMBLEE GENERALE LE 8 NOVEMBRE 2019

Liste des institutions présentes :

CHU Brugmann
Cliniques universitaires Saint Luc
CHU Saint Pierre
Erasme
Hôpital Ambroise Paré
Sint Maria Halle Ziekenhuis
Hôpital universitaire des enfants Reine Fabiola
Cliniques Saint Jean
CHC Saint Joseph Liège
CHU Bordet
Centre hospitalier psychiatrique du Chêne aux Haies
Résidence Wiart 126
CPAS d’Ixelles
CPAS Uccle MR MRS Maison de repos et de soins
Maison Médicale Tournesol
Maison Médicale La Clé
Ecole secondaire de Molenbeek Service santé mentale et éducation permanente
SIAMU 112
GSK
FEF Fédération des étudiants francophones
ISEI Institut supérieur de l’enseignement infirmier
Gilets Jaunes
Les équipes populaires
MOC Bruxelles Mouvement Ouvrier Chrétien
Médecine pour le peuple
Syndicat européen des services publics EPSU
CGSP ALR
CSC
CNE
SETCa
BBTK SETCa BHV


[1] Par “soins de santé”, par “système de santé”, par “la santé”, nous entendons tous les acteurs et actrices de la santé : maison de repos, maison médicale, centre PMS, hôpitaux, cpas, soins à domicile, …

[2] Par “tous les métiers de la santé” nous entendons toutes personnes qui participe au système de santé comme défini plus haut. Ce qui comprend autant le service technique, ouvrier, administratif, que soignant.

[3] Les normes d’encadrement des patient·e·s sont les ratio patient·e·s/soignant·e·s minimaux imposé par la législation. Ces normes sont datées et insuffisantes.

[4] Sexistes, sexuels, racisme, LGBTphobie

[5] Par hyperflexibilité nous dénonçons les politiques de bouche trous utilisées par le patronat, celle-ci vise à nous placer et déplacer comme des pions interchangeables dans l’entreprise. Ce management engendre stress, insécurité, erreurs et ne résous nullement le problème de sous-effectif. Enfin, cette politique de management ne prend ni nos spécificités ni nos désidératas en compte.