VOS PROFITS, NOS MORTS

Retour sur le texte lu à notre action du 14 juin :
« Aujourd’hui nous tournons le dos aux politiques d’austérité, à Bruxelles, à Charleroi et à Liège.

La mise en place de ces rassemblements n’a pas été de tout repos. Nous avons dû faire face aux pressions des bourgmestres Close et Prévot qui, alors que l’ensemble de la société se déconfine, que le gouvernement nous incite à reprendre le travail et la consommation, nous imposent le silence via l’interdiction de manifester.

Les commerces sont bondés, les transports en commun également, le travail reprend sans forcément garantir les mesures sanitaires, l’Etat pense même à rouvrir les frontières et nous, nous devrions rester muet et confiner nos colères.

Les bourgmestres Close et Prévot ont donc interdit nos rassemblements mais nous sommes là aujourd’hui !

Nous sommes là car notre lutte est légitime.
Nous n’avons pas besoin des conseils sanitaires d’un gouvernement qui a failli sur toute la ligne. Qui n’a pas protégé nos ainé·e·s, qui a exposé les soignant·e·s en ne fournissant pas le matériel de protection adéquat, qui a mis en danger les travailleur·euse·s de première ligne, qui a été incapable d’effectuer un dépistage massif, qui a sous-équipé les institutions de soins, qui sous-finance le secteur de la santé depuis des années et qui met, ainsi, en danger sa propre population.

Depuis des années, nous tous, brancardiers, personnel de l’entretien, techniciens et techniciennes, infirmières et infirmiers, aides-soignants, médecins, patients et patientes, famille de patient, et toute personne concernée, sommes les témoins des choix politiques qui amènent à la lente agonie de la sécurité sociale et à la dégradation de la qualité des soins de santé en Belgique.

Ce sont les politiques néolibérales qui sont responsables de cette souffrance dont nous sommes toutes et tous les témoins directs.

Nous sommes, tout d’abord, les témoins de notre propre épuisement.
Nous qui donnons le maximum à nos patients malgré le manque de moyens.
Nous sommes les témoins des décès qui auraient pu être évités si nous avions été plus ce jour là, si nous avions pu avoir le bon matériel, les bonnes prescriptions, le nombre adéquat de soignants.
Nous sommes les témoins des complications médicales qui ne devraient avoir lieu, si seulement la santé était correctement financée.
Nous sommes les témoins du manque d’effectif qui nous pousse parfois à oublier notre humanité pourtant essentielle à nos métiers.
Nous sommes les témoins du manque de salaire qui nous impose de compter chaque euro à la fin du mois.
Nous sommes les témoins de la précarité de la population, qui trop souvent est forcée de reporter ses soins.
Nous sommes les témoins des conditions indignes dans lesquelles vivent nos parents et nos grands-parents.
Nous sommes les témoins du manque de places et de soins adaptés pour les personnes âgées et les personnes qui ont des souffrances mentales
Enfin, nous sommes les témoins de la difficulté d’accès aux soins pour les personnes sans papiers.

Ainsi, en tant que témoin, nous avons la responsabilité de dénoncer !

Le fil rouge qui guide les décisions prises par les gouvernements successifs est simple : marchandisation et privatisation des branches de la sécurité sociale.

Derrière des phrases tel que “le budget de la sécurité sociale dérape”, “il faut faire des économies pour rembourser la dette publique” ou “la santé coûte cher”, ils tentent de nous faire croire qu’ils n’ont pas le choix et que nous allons devoir l’accepter.

Nous savons que c’est faux et nous le revendiquons : la santé n’est pas et ne sera jamais une variable d’ajustement !

Réduisez les coûts de l’armement, combattez la fraude fiscale, augmentez les impôts sur le capital, limitez les hauts salaires !
Ajustez tout ce qui ne se paiera pas en vie, tout ce qui ne se paiera pas en santé, tout ce qui ne se paiera pas en qualité de vie.
Mais la sécurité sociale doit, elle, être renforcée !

La pandémie de Covid-19 a prouvé qu’on ne pouvait pas sous-financer la santé sans risquer de tuer. Le manque de préparation, le fiasco du matériel de protection, les fausses promesses de dépistage, la lenteur de la gestion… Si ces manquements n’expliquent pas tout, ils sont au moins responsables d’une réelle surmortalité, notamment en maison de repos et parmi les soignants. C’est inacceptable !

La pandémie de Covid19 a également modifié le rapport de force.
Aujourd’hui, nous sommes de plus en plus nombreux à être conscient de la souffrance des hôpitaux et des maisons de repos.
Nous sommes de plus en plus nombreux et nombreuses à réclamer pour le personnel de santé de la reconnaissance à travers une hausse des salaires et une augmentation des effectifs.
Nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux à revendiquer un financement de la sécurité sociale en fonction des besoins de la population et non des économies que l’on devrait soi-disant faire.
Nous sommes aujourd’hui déterminés à changer la logique ! Et nous ne nous arrêterons que lorsque nous obtiendrons ce qui devrait être la norme : un financement pérenne des soins de santé et sa gestion par les travailleurs et les patients.

Jusque-là nous ferons tout ce qui est nécessaire pour défendre notre dignité à toutes et tous. Nous comptons, entre autres, continuer à prendre la rue mais également porter plainte contre celles et ceux qui nous ont mis en danger !

En effet, une plainte contre le gouvernement belge sera lancée la semaine prochaine et nécessitera l’investissement de tous !
L’Etat va devoir répondre de notre mise en danger !

Merci d’être venus.es aujourd’hui !

Réapproprions-nous nos métiers et la rue.
Soutenons nos collègues français qui vivent les mêmes problèmes que nous et qui se mobiliseront ce mardi 16 juin !

Soyons encore plus nombreux le 13 septembre pour la Grande Manifestation de la Santé-Grote Betoging voor Gezondheid !

La lutte, notre lutte, commence aujourd’hui pour une durée indéterminée !
Notre lutte est destinée à la victoire parce qu’elle nous concerne toutes et tous, parce qu’elle est juste et parce qu’elle est belle !

A nos dirigeants nous disons : Votre politique est destinée à disparaître parce qu’elle fait du tort au plus grand nombre et ne sert qu’une poignée de privilégié !

VIVE LA SANTÉ EN LUTTE !
VIVE LA LUTTE POPULAIRE !

Le personnel de la santé est en colère !

Communiqué du 29 octobre 2019
Après une mobilisation au printemps, amorcée par l’hôpital Brugmann dans le public, embrayée par les hôpitaux du privé via les #mardisdesblousesblanches ; la rentrée de septembre s’est faite chaude également !

Malgré tout, les fédérations patronales campent sur leurs positions, ne rechignent pas à maltraiter les grévistes et mettre la pression sur leur personnel ; et, de son côté, le gouvernement ne semble pas questionner sa politique d’austérité budgétaire. Bref, un seul constat : nous ne sommes pas entendu·e·s. Pire, dans certains hôpitaux s’opèrent des contre-offensives de la part des directions hospitalières. Inadmissible !

Face à cet immobilisme et ces agressions, il devient inévitable de monter le ton.

Voilà pourquoi ce mardi 29 octobre nous nous rassemblons devant le cabinet de Maggie De Block, plus déterminé·e·s que jamais.
Un rassemblement pour faire entendre la voix des travailleurs et des travailleuses de la santé, pour faire entendre la voix de la population, « Maggie tue la santé ! ». Elle, la logique financière derrière, les directions hospitalières, le management, toutes et tous ont qu’un seul objectif : rentabilité et économie. Comme partout dans notre société, cette politique libérale pousse à la rationalisation et l’augmentation des cadences : exit l’humain dans nos soins, car pour eux le relationnel n’est pas rentable, il faut être plus productif, plus de soins et plus vite ! Ils font la chasse aux temps morts, aux lits vides et aux salles d’op inoccupées, et remplissent toujours plus, remplacent toujours plus vite.

Ceci n’est pas tenable ! Ceci n’est pas acceptable ! Nous ne voulons plus de cette logique mercantile, nous ne voulons plus de cette course à l’argent ! Nous voulons soigner correctement, humainement ! Nous voulons avoir le temps de discuter, de soigner, d’écouter, de prendre la main, d’accompagner, d’expliquer, …

Les soins suivent la logique qui domine aujourd’hui dans notre société, celle du profit. Voilà maintenant plusieurs dizaines d’années que la santé se transforme en valeur marchande. Les gestionnaires politiques ne voient plus que des chiffres et des tableaux comptables. Pour eux, rentabilité et flexibilité sont devenues les valeurs centrales de leur gestion. Bref, nous devons aller toujours plus vite, avec toujours moins de personnel et toujours moins de matériel ! Pour qui ? Pourquoi ? A tout cela, nous disons STOP !

Nous voulons des conditions de travail et un salaire décents, une stabilité de l’emploi, la fin des temps partiels obligatoires, le paiement du notre temps de change, de l’engagement de personnel supplémentaire pour baisser les charges de travail et enfin avoir le temps de soigner, d’écouter, de rassurer ! Nous voulons avoir le temps long pour soigner vos familles, vos ami.e.s, vos parents, pour vous soigner vous, correctement, humainement !
Nous voulons des soins de qualité pour toutes et tous, peu importe les niveaux de revenus, peu importe l’origine sociale ou culturelle. Nous voulons la fin de ce système basé sur l’argent qui crée une médecine à deux vitesses !

Nous ? Nous nous sommes « La santé en lutte », nous sommes infirmièr·e·s, sages-femmes, brancardièr·e·s, aides soignant·e·s, personnel de la lingerie, de la restauration, de l’entretien ménager, technicien·ne·s, secrétaires, laborantin·e·s, ambulancièr·e·s, patient·e·s, etc. ; syndiqué·e·s et non-syndiqué·e·s. Nous sommes également citoyen·ne·s et désireux·ses d’un système de santé basé sur l’humain plutôt que sur les logiques financières qui dominent aujourd’hui notre société.

Nous sommes la base sans qui rien n’est possible et nos revendications sont justes et légitimes ! Nous n’avons rien à perdre et tout à gagner, ensemble nous serons plus fort·e·s !

Nous vous invitons à nous rencontrer ce mardi 29/10 à 17h30 au Bld du Jardin Botanique, 50 1000 Bruxelles.