e ne sais pas si nous serons encore capable longtemps de pratiquer nos si beaux métiers dans de telles conditions de mépris

Je suis ergothérapeute depuis maintenant 5 ans et je travaille depuis 3 ans dans un centre de revalidation gériatrique de Bruxelles. La crise du Covid ne nous a pas épargnés et je me suis retrouvée par deux fois à accompagner des patients atteints de ce fichu virus et encore à ce jour.

Ce que je retiens surtout de cette crise c’est ce sentiment d’abandon que l’on ressent vis à vis de notre hiérarchie. Nos directions (médicale, ressources humaines,…) ne semblent pas percevoir notre fatigue et notre souffrance.… Full text

Le mépris…

Petit témoignage ce soir de ce que c’est de travailler en unité covid aujourd’hui, que j’ai envie de partager face à la nausée que me donnent toute une série de réactions et de mesures récemment.

Cela commence le matin, où en arrivant dans le service, tu as pratiquement tous les jours la boule au ventre d’apprendre si un des patients qui allait le moins bien est décédé pendant la nuit. Les bons jours on n’a pas à vivre ça.

Ni la force ni l’envie

Les mauvais, c’est avec un constat de décès qu’on commence la journée, parfois en retirant un pace-maker sur un corps que les infirmières essaient de rendre présentable en ravalant leurs larmes.… Full text

Nous coulons

Je suis étudiante en dernière année de soins infirmiers à la Haute École Francisco Ferrer à Bruxelles. L’année dernière, lorsque j’étais en troisième année, nous avons été sortis de stage mi-mars, comme tous les autres étudiants de soins infirmiers. Nous avons donc raté 7 semaines de stage pour terminer l’année.

Cette été, notre école nous a reprogrammé 4 semaines de stage, ce qui fait que nombre d’entre nous n’ont pas pu travailler suffisamment comme jobiste. Beaucoup d’élèves de ma classe avaient l’habitude de travailler l’été afin de gagner de quoi payer le minerval et les frais de l’année, car oui, bien que nous ne soyons pas payés lorsque nous sommes en stage, ceux-ci nous coûtent (abonnement de train, kot, nourriture, caution pour l’uniforme, etc.).… Full text

On n’est même pas considérés comme des humains en fait je crois? Tu travailles, et tu fermes ta bouche

Je m’appelle Megan et je suis étudiante en 4e et dernière année de soins infirmier. Je n’ai pas pour habitude d’étaler mes états d’âmes sur les réseaux sociaux. Mais je pense que, comme beaucoup d’entre nous, le moral commence à disparaître et j’ai besoin de me faire entendre et j’ai franchement beaucoup de choses à balancer.

Comme mes collègues étudiant(e)s, j’ai repris mes stages infirmiers en septembre. Tout en nous assurant d’avoir de bonnes conditions d’apprentissage, l’école nous fait aller en stage 4 jours semaine + une bonne partie des samedis pour rattraper nos heures de l’année passée.… Full text

Je rentre chez moi la rage au ventre, en pensant à ces décisionnaires qui dorment au chaud…

Je suis bénévole dans un service d’accueil en soirée , comme tous les mardis. Mais ce soir, premier mardi du deuxième confinement, l’ambiance est particulière: je m’attendais à ne voir que peu de monde, à cause d’une omniprésence et d’une agressivité accrue de la police dans les rues de Bruxelles et de la précarité de notre public.

Dépassés par les demandes

Mais c’est l’inverse qui se produit, nous sommes rapidement dépassés par les demandes: de kits d’hygiène, de soins, de vêtements, de nourriture et de logements.… Full text

Hier soir, pendant ma garde, j’ai vécu un des moments les plus intenses de ma carrière

Pour remettre les choses dans leur contexte, je suis aux soins intensifs à l’UZ Brussel depuis six semaines dans les conditions que vous imaginez sans peine.

Sur les 15 derniers patients covid que j’ai soignés, seulement deux ont survécu à ce jour (même constat chez mes collègues). Le pire moment, c’est quand le patient est encore pleinement conscient mais n’a plus assez d’oxygène dans le sang. On doit alors l’intuber afin que le respirateur lui insuffle de quoi survivre. Je lui explique alors qu’on va l’endormir pour “quelques jours” afin que ses poumons puissent récupérer avec l’aide de la machine.… Full text

Depuis des mois, cet hôpital force les étudiants en médecine à travailler gratuitement !

« Je suis étudiante en dernière année de médecine, et je suis actuellement en stage à l’hôpital Brugmann. Depuis des mois, cet hôpital force les étudiants en médecine en stage à réaliser du bénévolat sans lien avec leur formation dans les centres d’encodage covid.

Bénévolement

Pendant la première vague de covid, nous avons été des centaines d’étudiants en médecine à nous engager bénévolement dans les hôpitaux ou les maison de repos, en apportant une aide précieuse, malgré les risques pour nous et pour nos proches.… Full text

La volonté est de garder les étudiants encore plus longtemps pour avoir de la mains d’œuvre gratuite !

Réquisitionnés

« Je suis étudiante infirmière en 2ème année et je fais partie des élèves qui sont réquisitionnés pour aller à l’hôpital.

Je ne suis pas opposée à rendre service, à être solidaire envers le personnel soignant etc… Quand on choisit d’être infirmier, on est rarement égoïste… On donne mais on ne reçoit pas des masses.

Et, j’ai bien conscience qu’il y a un manque de personnel important. Qu’ils sont surchargés, que beaucoup doivent venir travailler même en étant positif au covid.… Full text

Combien de temps cela va-t-il durer?

« Je m’appelle Lydie, je suis infirmière en maison de repos depuis 19 ans. J’ai ce métier dans la peau et ne me vois pas faire autre chose. Oui je l’ai choisi !

la vivacité de ce virus

La première vague a été pour moi de courte durée, terrassée par le Covid19 dès les premiers jours, j’ai immédiatement compris la vivacité de ce virus. Malgré la rapidité de mon congé forcé, j’ai pu être particulièrement agacée par l’opportunisme de certaines administrations et directions à instrumentaliser la science pour brandir l’inefficacité des masques contre le virus.… Full text

On en prend plein la gueule

« Je suis infirmière et je travaille dans un hôpital qui a une grande activité de jours et des grands soins intensifs et nous avons donc eu beaucoup d’aide et pas trop de manque de matériel pendant la première vague. Je me disais donc que j’avais de la chance de travailler dans un hôpital qui permet de traverser cette crise sans trop être mis à l’épreuve.

La fatigue guette

Mais mon unité de soins intensifs est celle qui a des sas étanches, nous avons donc pris les Covid en charge depuis le début, depuis mars, presque 8 mois maintenant, durant lesquelles nous n’avons eu que deux semaines sans patients Covid.… Full text