PLAINTE COLLECTIVE

On a compté les mort·e·s, à eux de rendre des comptes !

Vous êtes révolté.e.s par la manière dont la pandémie covid19 a été gérée, par l’absence de mesures préventives, par l’absence ou le manque de moyens de protection, de tests de dépistage, de directives claires, et leurs conséquences, par le sort réservé aux personnes en première ligne (soignant·e·s, travailleur·euse·s surexposé.e.s) et aux personnes les plus vulnérables ou précarisées (personnes âgées, sans-abri, sans papier, détenues) ?

Vous en avez souffert, vous avez des connaissances qui en ont pâti et souhaitez que les responsables aient à rendre compte de leurs manquements ?
Vous souhaitez réclamer justice, sortir de l’invisibilité et de la passivité ?
Si vous répondez oui à ces questions, la covidplainte est faite pour vous.

Covidplainte.be est une initiative citoyenne, collective, inclusive et gratuite. Il s’agit d’une plainte avec constitution de partie civile, basée sur les motifs suivants :

– les mesures nécessaires pour préserver la santé et la vie des citoyen·ne·s, des plus exposés ou vulnérables, n’ont pas été prises en temps utile
– des manquements graves sont survenus en amont et pendant la pandémie, concernant les moyens humains et matériels qu’il aurait fallu maintenir ou mettre en place pour limiter la propagation du virus et garantir le droit de tou·te·s à l’accès aux soins
– l’absence d’anticipation, le manque de moyens de protection et un sous-financement chronique des soins de santé ont entraîné des conséquences dramatiques, qui auraient pu être évitées.

De ce fait, nos droits, nos vies, notre santé, notre intégrité physique ont été mis en danger.

La plainte s’inspire de celle qui a été déposée en France (plaintecovid.fr). Elle est dirigée contre X, parce que les manquements visés sont collectifs, ont eu lieu en chaîne, touchent de nombreux acteurs à différents niveaux de pouvoir, et qu’il faut déterminer précisément les responsabilités de chacun·e·s. Les griefs sont, entre autres, les suivants: défaut de prévoyance, négligence et abstentions coupables, mise en danger de la vie d’autrui, non-assistance à personne en danger.

Nous invitons les personnes qui désirent se porter partie civile, à se manifester en envoyant un email à partiecivile@covidplainte.be ou à consulter le site covidplainte.be

Plus nous serons nombreux·ses, plus nous aurons du poids.

FRANK ROBBEN IS WATCHING YOU !

La gestion autoritaire du traçage Covid-19.

Nous alertions déjà sur les dérives possible d’un tel programme. Le magazine Wilfried mag a enquêté.

« Le traçage du Covid-19 en Belgique est orchestré pratiquement par un seul homme, Frank Robben, qui a rédigé l’arrêté royal fixant les conditions du suivi des contacts des malades touchés par le coronavirus

Le fonctionnaire se trouve pourtant au cœur de multiples soupçons de conflits d’intérêts, écrit le magazine. Son mandat à l’Autorité de la protection des données (APD), lieu de contre-pouvoir, est en outre illégal. »

« Frank Robben a mis en place un système digne d’un État policier », affirment les témoignages recueillis par le magazine. « Sur une activité aussi sensible, l’exécutif a envoyé un gestionnaire certes très opérant mais surtout totalitaire, extrêmement puissant, capable à lui seul de faire tomber un gouvernement », confie à Wilfried Emmanuel André, ex-coordinateur du traçage Covid-19. « Frank Robben est au cœur d’une situation de monopole sur le marché des données de santé publique et de sécurité sociale. À partir du moment où il occupe à la fois les cénacles du pouvoir et du contre-pouvoir, nous sommes tous pris dans sa toile », analyse le virologue.

La présidente de la Ligue des droits humains, Olivia Venet, abonde dans ce sens. « C’est un simulacre de démocratie. Des choses effrayantes sont en train de se jouer. (…) Dans un système sain, les mandats devraient être confiés à des personnes différentes, mais Frank Robben est partout. Moi, si on m’appelle parce que j’ai été en contact avec un malade, je ne donne pas d’infos, car je ne fais pas confiance. Avec le traçage, les dirigeants de notre pays disposent d’un outil hallucinant, HALLUCINANT, de contrôle sur les citoyens », alerte-t-elle.

Article RTBF : https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_un-big-brother-belge-soupconne-de-mutiples-conflits-d-interets-seul-aux-commandes-du-tracage-du-coronavirus?id=10525390

VOS PROFITS, NOS MORTS

Retour sur le texte lu à notre action du 14 juin :
« Aujourd’hui nous tournons le dos aux politiques d’austérité, à Bruxelles, à Charleroi et à Liège.

La mise en place de ces rassemblements n’a pas été de tout repos. Nous avons dû faire face aux pressions des bourgmestres Close et Prévot qui, alors que l’ensemble de la société se déconfine, que le gouvernement nous incite à reprendre le travail et la consommation, nous imposent le silence via l’interdiction de manifester.

Les commerces sont bondés, les transports en commun également, le travail reprend sans forcément garantir les mesures sanitaires, l’Etat pense même à rouvrir les frontières et nous, nous devrions rester muet et confiner nos colères.

Les bourgmestres Close et Prévot ont donc interdit nos rassemblements mais nous sommes là aujourd’hui !

Nous sommes là car notre lutte est légitime.
Nous n’avons pas besoin des conseils sanitaires d’un gouvernement qui a failli sur toute la ligne. Qui n’a pas protégé nos ainé·e·s, qui a exposé les soignant·e·s en ne fournissant pas le matériel de protection adéquat, qui a mis en danger les travailleur·euse·s de première ligne, qui a été incapable d’effectuer un dépistage massif, qui a sous-équipé les institutions de soins, qui sous-finance le secteur de la santé depuis des années et qui met, ainsi, en danger sa propre population.

Depuis des années, nous tous, brancardiers, personnel de l’entretien, techniciens et techniciennes, infirmières et infirmiers, aides-soignants, médecins, patients et patientes, famille de patient, et toute personne concernée, sommes les témoins des choix politiques qui amènent à la lente agonie de la sécurité sociale et à la dégradation de la qualité des soins de santé en Belgique.

Ce sont les politiques néolibérales qui sont responsables de cette souffrance dont nous sommes toutes et tous les témoins directs.

Nous sommes, tout d’abord, les témoins de notre propre épuisement.
Nous qui donnons le maximum à nos patients malgré le manque de moyens.
Nous sommes les témoins des décès qui auraient pu être évités si nous avions été plus ce jour là, si nous avions pu avoir le bon matériel, les bonnes prescriptions, le nombre adéquat de soignants.
Nous sommes les témoins des complications médicales qui ne devraient avoir lieu, si seulement la santé était correctement financée.
Nous sommes les témoins du manque d’effectif qui nous pousse parfois à oublier notre humanité pourtant essentielle à nos métiers.
Nous sommes les témoins du manque de salaire qui nous impose de compter chaque euro à la fin du mois.
Nous sommes les témoins de la précarité de la population, qui trop souvent est forcée de reporter ses soins.
Nous sommes les témoins des conditions indignes dans lesquelles vivent nos parents et nos grands-parents.
Nous sommes les témoins du manque de places et de soins adaptés pour les personnes âgées et les personnes qui ont des souffrances mentales
Enfin, nous sommes les témoins de la difficulté d’accès aux soins pour les personnes sans papiers.

Ainsi, en tant que témoin, nous avons la responsabilité de dénoncer !

Le fil rouge qui guide les décisions prises par les gouvernements successifs est simple : marchandisation et privatisation des branches de la sécurité sociale.

Derrière des phrases tel que “le budget de la sécurité sociale dérape”, “il faut faire des économies pour rembourser la dette publique” ou “la santé coûte cher”, ils tentent de nous faire croire qu’ils n’ont pas le choix et que nous allons devoir l’accepter.

Nous savons que c’est faux et nous le revendiquons : la santé n’est pas et ne sera jamais une variable d’ajustement !

Réduisez les coûts de l’armement, combattez la fraude fiscale, augmentez les impôts sur le capital, limitez les hauts salaires !
Ajustez tout ce qui ne se paiera pas en vie, tout ce qui ne se paiera pas en santé, tout ce qui ne se paiera pas en qualité de vie.
Mais la sécurité sociale doit, elle, être renforcée !

La pandémie de Covid-19 a prouvé qu’on ne pouvait pas sous-financer la santé sans risquer de tuer. Le manque de préparation, le fiasco du matériel de protection, les fausses promesses de dépistage, la lenteur de la gestion… Si ces manquements n’expliquent pas tout, ils sont au moins responsables d’une réelle surmortalité, notamment en maison de repos et parmi les soignants. C’est inacceptable !

La pandémie de Covid19 a également modifié le rapport de force.
Aujourd’hui, nous sommes de plus en plus nombreux à être conscient de la souffrance des hôpitaux et des maisons de repos.
Nous sommes de plus en plus nombreux et nombreuses à réclamer pour le personnel de santé de la reconnaissance à travers une hausse des salaires et une augmentation des effectifs.
Nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux à revendiquer un financement de la sécurité sociale en fonction des besoins de la population et non des économies que l’on devrait soi-disant faire.
Nous sommes aujourd’hui déterminés à changer la logique ! Et nous ne nous arrêterons que lorsque nous obtiendrons ce qui devrait être la norme : un financement pérenne des soins de santé et sa gestion par les travailleurs et les patients.

Jusque-là nous ferons tout ce qui est nécessaire pour défendre notre dignité à toutes et tous. Nous comptons, entre autres, continuer à prendre la rue mais également porter plainte contre celles et ceux qui nous ont mis en danger !

En effet, une plainte contre le gouvernement belge sera lancée la semaine prochaine et nécessitera l’investissement de tous !
L’Etat va devoir répondre de notre mise en danger !

Merci d’être venus.es aujourd’hui !

Réapproprions-nous nos métiers et la rue.
Soutenons nos collègues français qui vivent les mêmes problèmes que nous et qui se mobiliseront ce mardi 16 juin !

Soyons encore plus nombreux le 13 septembre pour la Grande Manifestation de la Santé-Grote Betoging voor Gezondheid !

La lutte, notre lutte, commence aujourd’hui pour une durée indéterminée !
Notre lutte est destinée à la victoire parce qu’elle nous concerne toutes et tous, parce qu’elle est juste et parce qu’elle est belle !

A nos dirigeants nous disons : Votre politique est destinée à disparaître parce qu’elle fait du tort au plus grand nombre et ne sert qu’une poignée de privilégié !

VIVE LA SANTÉ EN LUTTE !
VIVE LA LUTTE POPULAIRE !

VIVE LA LUTTE !

Hier nous étions des centaines à nous réunir à Charleroi, Bruxelles, Liège et Namur pour défendre un refinancement des soins de santé et pour désapprouver la politique du gouvernement pendant la crise Covid-19.

Ces rassemblements se sont, à tous les endroits, passés superbement bien malgré la pression policière. Le droit de manifester, entre autres repris dans la Convention européenne des Droits de l’homme, est l’un des droits les plus fondamentaux en démocratie. Nous devons reprendre la rue et défendre nos conditions de travail, une augmentation des effectifs, nos salaires, l’accès aux soins, etc.

Bruxelles

La crise covid-19 n’est bien sûr pas finie et il est important d’en avoir conscience. Si nous sortons dans la rue nous devons le faire en garantissant notre sécurité sanitaire. Mais aujourd’hui il n’y a plus de raison de faire reprendre le travail et la consommation et continuer à interdire la lutte sociale.

Merci à toutes et tous d’être venu·e·s hier.
Nous vous donnons rendez-vous le 13 septembre à 14h au Mont des Arts à côté de la gare centrale de Bruxelles pour démarrer notre Grande Manifestation de la Santé-Grote Betoging voor Gezondheid (event Facebook) !
Profitez de l’été pour convaincre votre entourage et vos collègues qu’il est vital de défendre les soins de santé !

Un plainte va être déposée contre le gouvernement pour sa gestion de la crise covid-19. Nous vous appellerons très prochainement à participer à cette plainte via nos réseaux sociaux.

Namur
Liège
Charleroi

ATTEINTES AU DROIT DE MANIFESTER

Non à l’état d’exception permanent !

L’État veut aujourd’hui profiter de la crise sanitaire pour étouffer le droit de manifester. Sous prétexte de santé, le gouvernement vise à limiter la contestation.

Cette interdiction de l’expression démocratique est inadmissible alors que tous les jours beaucoup d’entre nous travaillons dans des environnements qui ne permettent pas de respecter la distanciation physique et les mesures de sécurité.

Nous revendiquons le pouvoir de décider par nous même ce que nous voulons, ainsi que comment faire entendre nos revendications et comment faire valoir nos droits.

Contrairement au gouvernement nous sommes attentif·ve·s aux recommandations sanitaires préconisées par l’OMS*: respecter les gestes barrières, la distanciation physique et le port du masque. Ne pas venir aux rassemblements si vous présentez des symptômes du Covid-19, et faites vous dépister, vous et votre entourage.

Il est très difficile d’accepter aujourd’hui une critique venant d’un gouvernement qui a failli sur toute la ligne à nous donner les moyens d’appliquer ces simples conseils, qui n’a pas protégé nos ainé·e·s, qui a exposé les soignant·e·s en ne fournissant pas le matériel de protection adéquat, qui a mis en danger les travailleur·euse·s de première ligne, qui a été incapable d’effectuer un dépistage massif, qui a sous équipé les institutions de soins, qui sous-finance le secteur de la santé depuis des années et qui met, ainsi, en danger sa propre population.

Encore aujourd’hui le personnel de santé doit porter des masques pendant 8h d’affilée alors qu’ils ne sont efficaces que 3 à 4h. Encore aujourd’hui nous devons utiliser la même blouse de protection pour aller d’un isolement à un autre. Encore aujourd’hui le personnel de santé n’est pas dépisté systématiquement. Encore aujourd’hui le dépistage massif n’est pas opérationnel. Encore aujourd’hui vous ne nous donnez pas les moyens d’affronter une éventuelle deuxième vague. Encore aujourd’hui vous endettez les structures de soins et mettez une pression marchande sur la santé.

Ce paternalisme constituant à nous dicter notre manière de lutter est une violence de plus à l’égard des personnes qui ont dû essuyer les conséquences de ces négligences

Au gouvernement: nous n’avons pas besoin de vous, qui abusez de la position de force dans laquelle les pouvoirs spéciaux vous ont placé alors que vous étiez en affaires courantes, et qui limitez nos droits et mettez en danger nos vies.

Comme l’affirme l’OMS*: « même en contexte de pandémie, les protestations publiques sont importantes ». De plus, celle-ci rappelle : « Le fait d’être à l’extérieur semble réduire le risque d’exposition, car le virus ne peut pas survivre longtemps au soleil et l’air circule mieux, mais ce n’est pas une garantie contre l’infection. Les experts de la santé avertissent que certaines activités liées aux manifestations – comme prendre les transports publics pour assister aux rassemblements ou se faire arrêter et emprisonner à l’intérieur avec d’autres – pourraient augmenter le risque d’exposition au virus. »

En somme, madame Wilmès, si vous voulez vraiment agir et faire enfin quelque chose d’utile :

– Donnez nous suffisamment de transports en commun pour qu’on puisse respecter la distanciation physique.
– N’emprisonnez pas les manifestant·e·s.
– Faite porter des masques à votre police. 
– Fournissez les tests nécessaires au dépistage massif de la population.
– Fournissez le matériel de protection adéquat à l’ensemble de la population et aux travailleur·euse·s.
– Admettez les torts du gouvernement et réparez les en organisant solidement le réinvestissement des soins de santé et de la sécurité sociale dans son ensemble

En attendant, nous, nous manifesterons et assurons nous même notre sécurité sanitaire.

#NonÀLÉtatDExceptionPermanent

Rendez-vous ce dimanche 14 juin à 14h :
A Bruxelles, dos au cabinet De Block et au ministère de la Santé (Boulevard du Jardin Botanique 50, 1000 Bruxelles)
A Charleroi, dos au ministère de la Finance (Rue Jean Monnet 14, 6000 Charleroi)
A Liège, Place Saint Lambert
A Namur, dos au ministère de la Santé de la région wallonne (Rue Kefer 2, 5100 Namur)

Venez avec votre masque, respectez les mesures d’hygiène et maintenez la distanciation physique.

* »Even In A Pandemic, WHO Believes That Public Protests Are Important »https://www.npr.org/sections/goatsandsoda/2020/06/08/872419850/even-in-a-pandemic-who-believes-that-public-protests-are-important?utm_term=nprnews&utm_campaign=npr&utm_source=facebook.com&utm_medium=social&fbclid=IwAR21GUbaeEb4_REjNOQCaDlb0wn3_RcsljoXhN8HaA–y_pLQlyWmcNbLPY&t=1591782128809&t=1591873402222

Suspension des arrêtés royaux ? Le pouvoir recule ! Continuons la lutte.

Encore une fois, la mobilisation paye.

Le rapport de force établit par les travailleur·euse·s a permis de faire reculer le gouvernement. En effet, ces dernières semaines, partout en Belgique, les manifestations de colère et de désaccord du personnel de la santé envers les politiques du gouvernement ne font que se multiplier.

L’événement qui a certainement décidé l’Etat à faire marche arrière est la claque donnée à la Première Ministre lors de sa visite au CHU St Pierre à Bruxelles.

La haie de déshonneur réalisée par le personnel de la santé de l’hôpital St Pierre fut probablement la plus belle démonstration du désaveu du secteur envers les politiques menées par le gouvernement. Très immanquablement ressenti comme une humiliation par le pouvoir, cette action est venue frapper là où ça fait mal: la légitimité du gouvernement à nous diriger.

Cette haie de déshonneur a su symboliser l’état d’esprit de l’ensemble d’un secteur.

Les centrales syndicales ne s’y sont pas trompées et ont posé, dans la foulée, chacune à leur tour, des préavis d’action et de grève. C’est ce qu’il fallait faire, transformer l’essai et concrétiser le rapport de force.

– « Je souhaite qu’un dialogue s’installe mais que ce soit un vrai dialogue » Wilmès (RTBF, 19 mai 2020)

Aujourd’hui, mise au pied du mur, désavouée, Madame Wilmès tente de récupérer de la contenance et de la légitimité, pour elle et son parti, en proposant de dialoguer et, ainsi, réactiver la concertation syndicale.

Cette «main tendue» vers le dialogue est en réalité une stratégie politique pour regagner l’opinion publique et obtenir la paix sociale. Partout la colère monte : dans les secteurs de l’éducation, des transports en commun, de la culture, dans celui de l’ Horéca, … 

Aujourd’hui, et en raison des événements, le secteur le plus menaçant est le secteur de la santé. Il est donc prioritaire aux yeux du gouvernement de montrer aux acteurs de la santé un minimum de considération afin d’éviter tout mouvement social.

Cette stratégie du gouvernement lui coûte en honneur. En effet, il doit prendre sur sa fierté pour « reculer ». Plutôt payante pour l’Etat si cette stratégie permet de gagner l’adhésion du secteur de la santé en lui proposant de négocier et en abrogeant deux arrêtés royaux, qui , en plus d’être insultants au vu des efforts fournis spontanément ces dernières semaines, sont tout à fait inutiles.

La stratégie du dialogue social s’accompagne de celle des effets d’annonce. Sans aucune garantie d’aboutir, le gouvernement tente de calmer les esprits en déclarant vouloir dialoguer et propose aux organisations syndicales un calendrier de négociation.

Dans ce calendrier de négociation se trouve un ensemble de projets de discussions autour de futures augmentations d’effectifs, de salaires et d’amélioration des conditions de travail. Nous saluons le projet et espérons vivement que ces négociations aboutissent à du concret.

« Il y a eu un problème de timing », Georges-Louis Bouchez (Bel RTL, 20 mai 2020)

Néanmoins nous restons sur nos gardes. Comme le rappelait Georges-Louis Bouchez, président du MR, sur Bel RTL, la logique du gouvernement n’a pas changé. A l’entendre, il s’agissait juste d’un « problème de timing ». Il y a donc peu de chance que le gouvernement décide du jour au lendemain de réinvestir massivement dans un secteur qu’il cherche à privatiser depuis longtemps. La volonté du gouvernement n’est donc pas de se remettre en question mais d’apaiser le secteur.

La marchandisation des soins de santé est toujours bien au programme, et avec elle l’oppression managériale, les objectifs de rentabilité, les contrats précaires et la gestion anti-démocratique des institutions de soins.

– « Je suis convaincue que cela passera par une revalorisation salariale. » Wilmès à propos des infirmières (LN24, 19 mai 2020)

Une autre stratégie que nous craignons est celle de la division. En accordant des avantages sociaux à certains métiers et ignorant la problématique des autres. Les mauvaises conditions de travail dans le secteur de la santé touchent l’ensemble des métiers. Ils sont d’ailleurs interconnectés. Comme le démontre l’étude du KCE*, la charge de travail du personnel soignant, déjà importante, est augmentée par le nombre insuffisant de  personnel logistique, administratif et hôtelier des institutions de soins. Répondre à la charge de travail passera dès lors par une augmentation des effectifs de l’ensemble des métiers de l’institution Santé.

Nos conditions sociales sont liées, et c’est pour cette raison que La Santé en Lutte mène un combat interprofessionnel.

Enfin, si refinancement du secteur il y a, nous ne voudrions pas qu’il le soit aux dépens d’autres pans de la sécurité sociale ou du service public.

 En conclusion, ne soyons pas dupes de ce recul qui est plus symbolique que concret et ne répondra pas de sitôt à nos attentes sur le terrain. Certes, c’est une première victoire, mais il nous reste un long chemin à parcourir pour obtenir un refinancement massif du secteur!

Nous avons pu observer qu’au-delà des dialogues, c’est la pression du terrain qui fait reculer le gouvernement. Nous sommes donc persuadé·e·s que, s’il faut négocier, il faut également construire une mobilisation forte et effective pour contraindre l’Etat à concéder des avancées significatives pour le secteur.


La mobilisation est l’arme ultime pour obtenir des victoires! De plus grands acquis sont à notre portée! Nous appelons donc l’ensemble des collègues du secteur à continuer les actions et à se saisir des préavis de grève pour maintenir le rapport de force. Sans quoi, il est peu probable que des négociations aboutissent à de réelles avancées.

Nous vous donnons d’ores et déjà rendez-vous le 14 juin à 14h pour une action. Tenez-vous prêt·e·s. Restez connecté·e·s à la page et au site de La santé en lutte.


Nous vous rappelons également la Grande manifestation de la Santé qui aura lieu à la rentrée !

Bravo ! Courage à toutes et tous !



Pour rappel, nos revendications :

– Un refinancement des soins de santé avec une transparence sur l’utilisation du budget.
– Un arrêt de la dynamique de marchandisation des soins.
– Une amélioration de nos conditions de travail : sortir de la logique d’actes à la chaine et revenir à une prise en charge humaine des patient·e·s dans leur globalité.
– Une révision des normes d’encadrement.
– Une revalorisation salariale de tous les métiers de la santé.
– Une diminution de l’âge de la pension.
– Un arrêt de la précarité des emplois.
– L’engagement de plus de personnel pour assurer des soins de qualité à toutes et tous.
– Un accès à des soins de santé dignes et humains pour toutes et tous, indépendamment de nos origines sociales et/ou culturelles.
– Être associé, patient et personnel de la santé, à toutes les grandes décisions concernant le secteur.
– …

L’ensemble de nos revendications sont consultables sur https://lasanteenlutte.org/nos-revendications/

*KCE https://kce.fgov.be/fr/dotation-infirmi%C3%A8re-pour-des-soins-plus-s%C3%BBrs-dans-les-h%C3%B4pitaux-aigus

JOURNÉE INTERNATIONALE DES INFIRMIÈRES

Aujourd’hui est une journée particulière pour les soignant·e·s, c’est la date anniversaire de Florence Nightingale, pionnière des soins infirmier.

Ce jour devrait être une fête mais nous n’avons malheureusement pas grand chose pour nous réjouir. En effet, l’humeur est plutôt à la fatigue et la colère !

Les derniers mois ont été très éprouvant, nous avons du affronter une épidémie sans précédent dans notre carrière, avec peu de moyen humain et peu de matériel. Ces manques ont eu des répercussions lourdes: sélection des patient·e·s à mettre sous respirateur, propagation épidémique importante dans les maisons de repos, épuisement émotionnel et physique du personnel, etc. Certain·e·s de nos collègues sont décédé·e·s, beaucoup d’autres sont malades.

L’État, censé soutenir notre effort, nous aura laissé comme seul cadeau, pour cette journée spéciale, deux arrêtés royaux qui sonnent comme une insulte à notre métier, à nos métiers ! En effet, l’arrêté sur la réquisition du personnel soignant est non seulement autoritaire mais également une injure à notre engagement professionnel qui n’a, a aucun moment, faillit lors de cette pandémie. Le deuxième arrête, sur la délégation de l’exercice de l’art infirmier, est une franche attaque à nos qualifications.

Nous voyons que, malheureusement, rien ne change, même pas en temps de crise, et que nous devons redoubler de détermination pour défendre nos professions et un refinancement des la santé !

C’est dans ce contexte, qu’hier, des soignant·e·s ont voulu faire honneur à cette journée particulière en affichant nos slogans et nos revendications dans l’espace public.

Bonne journée internationale des infirmières à toutes et tous !

PS: hommage à tou·te·s nos collègues oublié·e·s qui n’ont pas de journée dédiée.

A propos de l’arrêté réquisition :
https://lasanteenlutte.org/face-a-la-deuxieme-vague-letat-veut-nous-requisitionner/

A propos de l’arrêté délégation de l’art infirmier :
https://lasanteenlutte.org/son-vieux-projet-detruire-nos-metiers/

SON VIEUX PROJET: DÉTRUIRE NOS MÉTIERS !

Les attaques ne faiblissent pas en temps de crise, au contraire ! Le gouvernement profite de ses pouvoirs spéciaux pour menacer de nous faire travailler sous la contrainte comme si nous n’étions pas assez professionnel·le·s pour le faire de notre plein gré, comme nous le faisons toutes et tous depuis le début de cette crise. C’est une nouvelle manière d’essayer de nous museler, d’interdire toute action des collègues du secteur, de nous utiliser comme des pions en fonction de la volonté unique de nos directions et de l’Etat. Inadmissible !

Cette attaque qui est, de plus, une insulte, ne vient pas seule. En effet, le gouvernement tente de pallier au manque de main d’œuvre dans les institutions de soins (situation que nous dénonçons depuis assez longtemps !) en bradant la profession infirmière via son arrêté royal qui vise à permettre l’exercice de l’art infirmier par des professionnels de soins de santé non qualifiés.

En résumé, l’arrêté royal prévoit que n’importe quel professionnel de la santé pourra accomplir des actes infirmiers au bout d’une explication brève, sur le terrain. Cet arrêté stipule que cette délégation d’acte doit se faire uniquement dans un contexte où le personnel infirmier est incapable, faute de temps, de le réaliser lui-même. En réalité, n’ayant pas les effectifs suffisants, ce contexte de manque de temps est notre quotidien depuis des années.

Vieux projet de Maggie de Block, la réforme tayloriste de l’art infirmier voit ici pointer le bout de son nez. Explication :

Appelée vision « techniciste », « industrielle » ou encore « taylorienne », cette considération de l’art infirmier est une vision qui divise le métier en un ensemble de différents actes considérés de manière séparée. De ce point de vue, nous ne serions pas détenteur d’un métier ou professionnel d’un art mais des travailleurs et des travailleuses opérant mécaniquement des actes techniques. C’est d’ailleurs de cette manière que les financements de nos soins sont opérés via le DI RHM, un ensemble de croix à cocher, qui serait la traduction parfaite de notre métier et de notre charge de travail, c’est à dire un ensemble d’actes sans rien autour, comme sur une chaine de production telle que rêvée par certains.

Cette vision ne prends donc absolument plus en compte ce qui peut se trouver autour des actes : la réflexion clinique liée notamment à l’approche humaine, la professionnalité du « Care », bref l’humain que l’on soigne, que l’on accompagne dans sa souffrance.

Ce « Care », ou « prendre soin », est en réalité essentiel à la prise en charge des patient·e·s. Il désigne une attention particulière, humaine, incompatible avec une rationalisation à l’acte des soins. Cette attention est le fruit d’activités spécialisées basées sur des compétences trop souvent invisibilisées ou dénigrées, tel que : le fait d’anticiper les besoins sans qu’il ait été́ nécessaire d’en faire la demande ; de reconnaître les faciès ; les changements de comportement ; d’être à l’écoute de la subjectivité, de la détresse, des interrogations, de la souffrance des patient·e·s ; de faire le lien entre les professionnel·le·s ; d’avoir la responsabilité de la coordination de l’ensemble des activités autour des patient·e·s, et de le faire en fonction des besoins de ceux/celles-ci ; de comprendre les non-dits, les silences, les colères et l’agressivité ; de se taire quand il le faut, de parler d’autre chose quand le besoin se fait sentir ; de répondre à la fragilité ; d’être sensible à la situation ; de savoir s’adapter à l’autre tout simplement avec bienveillance et professionnalisme, avec générosité et tact.

C’est cet art, ces compétences et cet expertise, invisible pour la plupart, qui permettent à un·e soignant·e de rentrer dans une chambre et de voir en une minute l’état de son patient ou de son résident. Souvent confondu avec un « feeling », il est principalement basé sur des compétences, acquises tout au long de la formation et surtout au long de la carrière, qui font le lien entre savoir technique et humain.

Essentielles à une bonne prise en charge, le Care est mis à mal par les restrictions budgétaires. En effet, la rationalisation des soins a pour objectif, via l’augmentation des cadences et la diminution des effectifs, de réduire l’espace du Care considéré comme non rentable au profit des actes rentables financièrement. Ainsi, l’austérité budgétaire force les soignant·e·s, par manque de temps, à supprimer l’humain au profit des actes.

C’est cette dynamique qui fait dire à certain que nous ne travaillons plus dans des hôpitaux mais dans des « entreprises de la maladie ». A la chaine, comme opérateur de soins, réduit à faire des techniques plutôt qu’à prendre soin.

Ainsi, le gouvernement ne nous considère plus comme des professionnel·le·s mais comme des ouvrièr·e·s spécialisé·e·s (des OS) c’est à dire des « ouvrier sans qualification professionnelle qui exécute un travail précis ne demandant qu’une très courte période d’apprentissage ». Ces OS sont interchangeables à merci et leurs compétences également. L’objectif est clair : déqualifier la profession afin de répondre aux pénuries grâce à une main d’œuvre bon marché.

L’Etat nous prend donc pour des pions remplaçables, interchangeables, corvéables, sans considération pour nos métiers, que ce soit celui d’infirmière, d’aide-soignante, de technicienne de surface, de brancardier ou autre. Pourtant, nous détenons des métiers. A travers nos formations et surtout notre expérience, nous avons développé des savoirs propres qui doivent être reconnus et considérés à leur juste valeur. C’est à dire une valeur essentielle à notre société !

MAISON DE REPOS: MAIN D’ŒUVRE GRATUITE POUR LES ACTIONNAIRES

Coronavirus : les maisons de repos privées peuvent temporairement faire appel à des volontaires (RTBF 03/05/20)
Selon la ministre Maggie De Block: « Dans certaines institutions, le faible taux de présence du personnel se fait fortement ressentir. Un coup de main de la part de volontaires est donc plus que bienvenu, y compris dans les maisons de repos privées « .

Le secteur publique peut déjà faire appel aux volontaires, mais la ministre souhaite étendre cela aux maisons de repos privées. Mais pourquoi des volontaires et non des travailleurs et travailleuses? La ministre préfère proposer une main d’œuvre gratuite à des maisons de repos à but lucratif que de pousser celles-ci à remplacer leurs travailleurs et travailleuses malades par des chercheurs et chercheuses d’emploi. Rappelons d’ailleurs que la crise sociale a augmenté le niveau de chômage et de personnes dans la précarité.

Pour remettre en contexte, l’exemple de Bruxelles est frappant. Actuellement, un tiers des maisons de repos bruxelloises sont entre les mains de seulement 3 multinationales: Orpea, Armonea et Senior Living Group (Korian). Leurs maisons de repos ont toutes un but lucratif: chaque résident·e doit rapporter quotidiennement des bénéfices aux actionnaires. L’accueil et le soin des personnes âgées est donc considéré comme un investissement financier.

Et comment garder des rendements financiers si attractifs? La loi du marché bien sûr: baisser les coûts (donc la qualité) et augmenter la charge de travail des soignant·e·s déjà sous pression. Cela se traduit entre autres par de la nourriture de mauvaise qualité, des soignant·e·s qui n’ont même plus le temps de discuter avec les résidents car ils et elles sont cantonné·e·s à une pratique « industrielle » de leur métiers.

S’ajoute à cela les prix souvent exorbitants de ces maisons de repos: la moitié d’entre-elles coûtent plus de 2000€ par mois à Bruxelles (la grande majorité des maisons de repos publiques coûtent moins de 1700€) (1).

Plutôt que donner un “coup de main” à ces multinationales, le gouvernement ne devrait-il pas plutôt forcer celles-ci à engager du personnel en nombre suffisant pour soigner dignement leurs résidents?

A plus long terme: est-ce que le gouvernement continuera à accepter que des personnes âgées puissent être utilisées comme investissements financiers par des multinationales?

Renversons la table et changeons notre échelle de valeur. Il est temps de créer un rapport de force contre l’intérêt de l’argent et faire primer le bien commun, les soins, l’humain !

Rendez-vous à la Grande Manifestation de la Santé-Grote Betoging voor Gezondheid dés que les mesures sanitaires le permettront ! Faisons masse contre le gouvernement, défendons un monde plus égalitaire.

(1) https://www.rtbf.be/…/detail_coronavirus-les-maisons-de-rep…
(2) Situation de l’offre d’hébergement pour personnes âgées en maisons de repos bruxelloises. Bruxelles : Infor-Homes Bruxelles asbl ; 2018.

FACE A LA DEUXIÈME VAGUE L’ÉTAT VEUT NOUS RÉQUISITIONNER

Après avoir prévu de déconfiner à cadence forcée les commerces et l’industrie, sans respect des délais permettant de mesurer les effets, voici que le gouvernement prépare l’arrivée de la deuxième vague avec la réquisition du personnel de la santé !

En effet, la politique d’anticipation de ce gouvernement consiste non pas à dépister massivement la population ou à mettre à la disposition de cette dernière les équipements de protection individuelle ni même à ralentir l’appétit des actionnaires mais à préparer les services de soins de santé à la survenue très probable d’une deuxième vague.

Ainsi, pour s’assurer de cette préparation le gouvernement utilise ses pouvoirs spéciaux, c’est à dire, sans débat parlementaire, sans discussion avec le terrain, sans concertation syndicale, bref sans démocratie, pour imposer un arrêté royal permettant la réquisition du personnel des services de soins de santé. Nous nous en sommes procuré une copie (lien en fin d’article).

Sans aucune reconnaissance des efforts consentis par les soignant·e·s jusqu’à présent (si ce n’est de les faire applaudir par la population), le gouvernement prévoit dans cet arrêté royal en cours de finition de réquisitionner le personnel de santé si cela s’avère nécessaire. Alors que les soignant·e·s sont épuisé·e·s et à bout, alors que la pénurie de soignant·e·s est le fruit amer des politiques d’austérité dont le gouvernement est responsable, les personnels des services de santé pourraient être rappelés sur leur temps de repos pour pallier les pénuries de main d’œuvre dans d’autres institutions de soins.

Le gouvernement a été, depuis de nombreuses années, sourd et aveugle à nos revendications concernant les moyens qui nous sont octroyés. Voilà qu’aujourd’hui l’Etat, décide d’y répondre sans y remédier, de manière autoritaire, en instaurant le travail forcé !

En effet, cet arrêté royal prévoit « la possibilité de pouvoir réquisitionner des professionnels de soins de santé ». Cette réquisition peut être activée par les gouverneurs des provinces, l’Etat et/ou les directions des institutions de soins.

Tous les professionnels de la santé sont concernés : « Sont ici visés les professionnels de santé dans leur ensemble, peu importe leur statut de travail (employé, indépendant, …) et leur lieu de travail habituel. »

Cette réquisition pourra être mise en place à partir du moment où les institutions de soins ne parviendront plus à recruter sur base volontaire. Le message est assez clair : si vous n’êtes pas volontaire vous serez forcé·e·s ! « Lorsque le manque visé au 1° ne peut plus être comblé en augmentant la capacité nécessaire sur base volontaire »

Cette réquisition ne nécessiterait par ailleurs aucune concertation avec le terrain ou les organisations syndicales : seuls les directions et l’Etat décideront : « Le nombre de professionnels de soins de santé à réquisitionner est fixé en concertation avec le responsable concerné, l’inspecteur d’hygiène et le gouverneur. »

L’arrêté royal ne prévoit aucune exception règlementaire à la réquisition, ce qui a pour conséquence de laisser un pouvoir discrétionnaire au gouverneur : « Si un professionnel de santé réquisitionné invoque un motif (un devoir professionnel plus urgent, des raisons médicales ou une autre raison grave) l’empêchant d’assumer cette réquisition, il devra en avertir le gouverneur l’ayant réquisitionné dans les plus brefs délais et il appartiendra au gouverneur concerné d’apprécier, au cas par cas, si le motif invoqué est légitime. »

Mais le gouvernement bardé de ses pouvoirs spéciaux ne s’arrête pas en si bon chemin, le refus de répondre à la réquisition peut conduire à des peines conséquentes : « est puni d’un emprisonnement de huit jours à trois mois et d’une amende de vingt-six euros à deux mille euros ou d’une de ces peines seulement, quiconque est réquisitionné en vertu des mesures imposées conformément au présent article, ne remplit pas ses obligations, sans pouvoir le justifier par un empêchement consécutif à l’exécution d’un devoir professionnel plus urgent ou à une autre raison grave. »

En conclusion, ce projet d’arrêté royal est une expression supplémentaire de la politique martiale menée par le gouvernement sans avoir l’air d’y toucher ; il représente une insulte à nos efforts, à nos sacrifices (y compris en vies humaines) et à notre dévouement pour les personnes touchées par la pandémie.

Provoquer une deuxième vague par un déconfinement sans précautions et ensuite surexploiter le personnel de la santé via le travail forcé est tout simplement abominable !

Voilà une preuve de plus, s’il en fallait, que le gouvernement n’a que faire de notre avis, de nos souffrances ni même de nos vies, et que seule la reprise de l’économie et la gestion de ces conséquences importe à ses yeux.

Ce projet d’arrêté royal pourrait par ailleurs permettre le sabotage de toute action syndicale des soignant·e·s en empêchant par exemple toute grève.

Le gouvernement Wilmès a été loué dans la presse pour le contraste entre sa communication et la rhétorique guerrière de Macron. Si le gouvernement des pouvoirs spéciaux n’a pas le langage de la guerre il en a néanmoins les usages. Ce projet d’arrêté est inadmissible !

Lien vers le projet d’arrêté royal :
https://drive.google.com/file/d/1m_SMMzCqyUzVQLMugX6VTVasg4PloX8O/view